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Histoires de pierres

  


Les Moutiers... Avec sa devise " MORE MAJORUM " le " bourg " des Moutiers peut bien faire référence à son ancienneté, puisqu'il date du haut Moyen-Age. Il possède plusieurs monuments historiques : - les retables maniéristes et baroques de son église saint-Pierre de style roman (11ème siècle) ; - tout près, se dresse une tour de 7 mètres, la Lanterne des Morts, toujours en fonctionnement ; - à Prigny, la Chapelle Saint-Jean-Baptiste semble encore surveiller la Baie. Ses trois retables du 17ème siècle et ses statues anciennes témoignent de l'importance des saints guérisseurs et du passage des pèlerins de Compostelle. Outre son patrimoine religieux, diverss édifices reflètent encore les activités importantes des Moutiers : salines, moulins, port… Tel est ce bourg des Moutiers qui a su charmer les peintres comme Antral et Marie Laurencin et qui fut chanté par Marc Elder, René-Guy Cadou et le prince des poètes Paul Fort.


 Lanterne des Morts



Elle fut construite vers la fin du 11ème siècle ou au début du 12ème siècle au centre du cimetière antique entre les deux églises (Eglise Madame et Eglise Saint-Pierre). Cette tour de 7 mètres de haut et de 1,50 mètre de circonférence est percée de trois petites fenêtres dans sa partie supérieure, laissant passer la lumière d’une lampe qui brille chaque fois qu’un décès survient dans la paroisse et reste allumée le jour des Trépassés. Jadis, la veilleuse était alimentée à l’huile, aujourd’hui l’électricité l’a remplacée.


La porte située au bas de la tour ouvre sur un escalier de huit marches accédant à la lanterne proprement dite. A l’extérieur de cette tour des morts, un autel est dédié à Saint-Joseph, patron de la bonne mort. Elle est unique dans la région : les lanternes sont des monuments médiévaux rares, de tradition plutôt périgourdine, limousine ou poitevine.




 Eglise Saint-Pierre


L’édifice date en partie du 11ème siècle et en possède les caractéristiques architecturales : contreforts placés de biais et fenêtres de plein cintre.
Une seconde partie fut construite postérieurement, au milieu du 16ème siècle.
La structure de la nef est charpentée comme un navire renversé ; malheureusement invisible, elle fut recouverte de lambris en 1827.
Le grand retable du 17ème siècle, à trois panneaux, offert à l’église par Jean LE JAU, Procureur fiscal, est décoré de colonnes, architrave, frise et corniche surmontées de niches, de pilastres et de rampants en volutes aux décors de vases, de fleurs et d’urnes dorées.
Dans la niche centrale, les trois cœurs entourés de 4 anges figurent la trinité.
Les niches latérales abritent les statues de la vierge mère et du pape Saint-Clément.
Entre les trois parties du retable, deux autres niches contiennent les statues de Saint-Pierre et Saint-Paul surmontées chacune d’une coquille Saint Jacques rappelant ici l’étape sur la route de Compostelle.
Le tableau central, restauré en 1832, représente la «dation» des clés à saint-Pierre, le visage du saint était jadis le portrait du mécène Jean LE JAU.
Sur celui de droite figure Saint-Clément patron des marins.
A gauche, le tableau du rosaire est classé par les Beaux-Arts.
Le trois mâts suspendu au fond de l’église est un ex-voto de marins en détresse. Il rappelle que les Moutiers fut une paroisse de marins et que la mer arrivait au bourg.




 Chapelle de Prigny


Datant du 11ème siècle, l'Eglise de " Monsieur Saint-Jean le Baptiste " est un édifice trapu où les quatre ouvertures sont de plein cintre : détail révélateur de son style roman primitif.

Le clocher est postérieur et servit probablement de tour de guet aux templiers puisqu'il domine la Baie de Bourgneuf et le Marais Breton. Il est surmonté d'un toit à quatre rampants ; sa base, lourde et cubique possède, à l'intérieur, une cheminée. Pendant un temps, le curé de la paroisse y demeura.

D'entrée, vous voyez les retables du 17ème siècle caractéristiques de l'art baroque. Le grand retable central, situé dans le chœur, et, le plus récent des trois, comporte un tabernacle en bois, des colonnes imitant le marbre, des guirlandes, des volutes, des urnes et des angelots dorés de style baroque. Au sommet une statue de Saint-Jean-Baptiste rappelle qu'il fut le patron de la paroisse. A droite de l'autel central, Saint-Marcoul touche le cou d'un enfant pour le guérir des écrouelles (adénites tuberculeuses). Marcoul accorde également aux femmes qui l'invoquent la grâce d'avoir un enfant blond et frisé. Deux autres statues sont particulièrement remarquables car elles prouvent deux influences, bretonne et poitevine qui ont façonné le Pays de Retz.

L'une, en terre anglaise datant du 18ème siècle, est sur l'autel latéral de droite : Saint-Gwénolé, patron des paludiers. Ce saint était également invoqué par les jeunes filles voulant se marier dans l'année : elles piquaient alors l'orteil du saint ; c'est pourquoi le pied de la statue est un peu détérioré. L'autre, pièce maîtresse dans cette chapelle, est bien la statue de la vierge, en bois polychrome, au sommet de l'autel latéral de gauche. Cette vierge normande fut apportée à Prigny vers le fin du 13ème siècle, à l'époque prospère où le Collet ravitaillait en sel les greniers de la gabelle de Rouen. Remarquez dans le fond de l'église, une ancre de marine viking. Elle fut enterrée près de l'église avec deux autres de même grandeur par les Normands partis précipitamment après leur défaite par le Duc de Bretagne.



 Visites guidées de l'édifice 2010


Mai - Juin - Septembre :
Samedi et Dimanche, jours fériés et ponts, de 15 h à 17 h

En Juillet et Août :
Vendredi, Samedi et Dimanche, jours fériés et ponts, de 15 h à 18 h



 Notre historien local




Né le 1er Novembre 1919, Emile BOUTIN fait ses études secondaires et supérieures à Rennes. Enfant du Pays de Retz, il y revient comme libraire et négociant après quelques années d’enseignement. Passionné par l’histoire de ce pays, « sa petite province », il lui consacre de nombreux ouvrages, dont certains ont reçu des prix de l’Académie de Bretagne, de la Société Académique ou de la Société des Ecrivains Vendéens. Co-fondateur de la Société des Historiens du Pays de Retz, il en a été président pendant 10 ans avant d’être président honoraire. Il est Officier des palmes académiques.

Bibliographie non exhaustive : « Prigny et ses moustiers » -Lussaud, Fontenay-le-Comte – 1975. « Pays de Retz – Noirmoutier – Ile d’Yeu », France-Empire – 1986 et 1991 « Ces dames de Retz » - France-Empire – 1990 « La Baie de Bretagne et sa contrebande » - Siloé – 1993 « Châteaux et Manoirs en Pays de Retz » - Siloé – 1995 « Chroniques d’une petite province : le Pays de Retz » - Siloé – 1997 « Les Moutiers-en-Retz » - Siloé – 1998 « Histoire religieuse du Pays de Retz » - Siloé 1999 « Les grands naufrages de l’estuaire de la Loire » - Siloé – Réédition 2002 "Les Gondy de Retz" - Siloé 2002


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